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Video
Session #3 programmation par Carine Le Malet
samedi 25 mars 2006 à 18h00
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La
galerie se transforme en salle de projection ouverte à tous
pour accueillir une exposition de vidéos réalisées
par de jeunes artistes.
Sur
une programmation de Carine Le Malet, dans l'atmosphère
feutrée et confortable, la galerie invite les spectateurs
à découvrir agréablement et apprivoiser la
vidéo, médium encore trop peu considéré
dans la création contemporaine.
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WEEK-END A ZUYDCOOTE, ETC
" DE CELINE HUYGHEBAERT (2005, 12min)
Une jeune femme, une journée d'hiver, dans une ville engourdie,
marche. Au cours de sa balade, et en travers, elle projette de passer
prochainement un week-end à Zuydcoote sans avoir vu le film qui
porte ce nom.

Week-end à Zuydcoote, Céline
Huyghebaert
Faire d'un
film (celui de Verneuil) un prétexte pour faire un film sans sujet
qui ne s'intéresserait qu'à sa propre narrativité,
une fiction qui ne renverrait plus qu'à elle-même. Déplacer
l'intérêt du contenu de la narration vers l'acte-même
de narration (ou du quoi vers le comment). Pousser le désossement
du squelette narratif du cinéma (genre, motif, message). L'image
serait alors objet de l'image du film. Tenter de (mal)mener la partition
du pastiche. De voir la (dé)construction, la répétition
comme parcours, relance, inaboutissement ; comme matière fictionnelle
et objet de désir, comme substance et comme rythme.Plusieurs récits
peuvent toutefois émerger naturellement du désir narratif
collectif, et ces récits co-habitent l'image, l'incarnent. Mais
cette image contient également l'avortement imminent (immanent
?) de tous ses (ces) désirs narratifs. Le film est alors la somme
de ces possibles, ou l'impossibilité d'en être aucun, finalement.
Céline Huyghebaert est née à Bourges et vit à
Lille. Après des études à l'Ecole Nationale de Photographie
de Arles, elle a intègre en 2004 Le Fresnoy - Studio National des
Arts Contemporains de Tourcoing. Elle a créé en 2001 l'association
"Etant donné la fuite de gaz" et a réalisé
plusieurs vidéos dont "Didascalie" en 2001, "La
déconfiture" et "Le mystére du pyjama jaune"
en 2003 et "Sans titre" en 2004, co-réalisé avec
Astrid Mouget.
" Week-end à Zuydcoote,etc
"" est une production
Le Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains
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COME TO ME " DE JEANNE SUSPLUGAS (2004, 1min30)
Come to me est un hommage à la poupée de Hans
Bellmer. Forme plastique par excellence, la poupée est ici une
chimère : corps de poupée et de femme fragmentés
reflétés dans un miroir à l'horizontale, déployant
sa théâtralité par la levée d'une porte de
verre comme celle du rideau de scène.
Femme et poupée/baudruche se mêlent et se reflètent
recréant la fameuse " boule de ventre " de Bellmer dont
il a théorisé l'application - boule qui lui a été
inspirée par le mécanisme de poupées en bois du XVIe
siècle découvertes au Kaiser Friedrich Museum de Berlin.
L'une des poupées a deux bassins et deux paires de jambes. C'est
à cette poupée que Jeanne Susplugas fait référence
et, par extension, à la sensualité, la sexualité,
la femme et ses paradoxes, ses ambiguïtés.

Come to me de Jeanne Susplugas
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FOR YOUR EYES " DE JEANNE SUSPLUGAS (2004-05, 3min49)
En gros plan, de grands yeux oranges étonnés nous regardent.
Ce sont des yeux en plastique, ceux d'une poupée. Elle cligne des
yeux. Ce clignement ouvre une scène, une courte animation dans
laquelle une petite fille brandit un animal ensanglanté. Avec ses
couettes blondes et son petit short sexy, elle sourit avec satisfaction.
Puis, à nouveau, gros plan sur les yeux de la poupée. Cette
fois, deux grands yeux verts regardent de côté. Légèrement
inquiète, elle cligne des yeux et une nouvelle scène s'ouvre.
Une petite fille innocente, armes à la main, découpe de
petits poussins noyés dans le sang. Ces animations, réalisées
à base de dessins, jouent du contraste. Contraste technique, puisqu'à
l'intérieur d'un même dessin, des styles différents
cohabitent, allant du graphisme acidulé, parfois proche du dessin
d'enfant aux mangas. Contraste émotionnel entre innocence et cruauté.
Quatre animations s'enchaînent, scandées par des clignements
d'yeux. Celles-ci, apparemment coquines, espiègles, amusantes et
séduisantes, révèlent vite des détails inquiétants.
Elles évoquent des thèmes à la limite du tabou tels
le suicide, la violence envers les enfants

For your eyes de Jeanne Susplugas
Jeanne
Susplugas est née à Montpellier et vit à Paris et
Berlin. Son travail fait référence au monde de l'enfance
et aux aliénations de nos sociétés notamment sur
le plan de l'utilisation des médicaments. Ses vidéos baignent
souvent dans une atmosphère enfantine derrière laquelle
on peut percevoir une certaine ironie délicate et cruelle.
" TWILIT " DE LAURA HENNO (2003, 6min)
Un personnage féminin surgit de nulle part, pénètre
un paysage et le traverse, flottante et impalpable. Hypnotisée
par cet espace naturel à peine discernable, la jeune fille se meut
lentement, son visage se troublant au fur et à mesure de son avancée.
Le film, pensé comme un long travelling, révèle peu
à peu un personnage en proie à des sentiments complexes.
Les plans se focalisent sur la perception de la jeune fille, sans cesse
interpellée par le hors champs, accentuant une tension déjà
palpable. Sa physionomie et ses expressions se troublent aussi imperceptiblement
que les variations de lumière se reflétant sur son visage,
passant furtivement d'un état de plénitude, d'observation,
à une inquiétude de plus en plus prégnante. Ses traits
se durcissent, se figent au fur et à mesure de son avancée,
se masculinisent brièvement, comme si ce qui l'entourait la dépossédait
insidieusement.

Twilit de Laura Henno
Laura
Henno vit à Lille. Après des études à l'Ecole
Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre, section photographie,
Bruxelles, Belgique de 1998-2001, elle intègre Le Fresnoy, Studio
National des Arts Contemporains,Tourcoing de 2001-2003. Laura Henno développe
un travail personnel mais aussi collectif avec Qubo Gas. Son travail a
été montré aussi bien dans des galeries, centres
d'art, festival en France et à l'étranger.
" Twilit tweet " est une production Le Fresnoy, Studio National
des Arts Contemporains
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TA VIE RALENTIE " DE FRANCE DUBOIS (2002, 7 min)
Vidéo à partir de photographies
" Ta vie ralentie " est une séquence composée
uniquement d'autoportraits de l'artiste réalisés sur une
période de trois ans. Ce constat de la vie de l'auteur sur une
période donnée cherche à restituer à la fois
la teneur de ses réflexions existentielles et la réalité
de son quotidien. De cette vie de tous les jours, on retient surtout les
intervalles de vacance : l'entre-temps, l'attente, le transit, qui sont
aussi des moments de solitude, véhiculant les pensées égrainées
dans la bande-son (Texte de Georges Perec " Un homme qui dort").
France Dubois
vit à Paris. Elle pratique la photographie et la vidéo de
manière complémentaire. Son travail à été
montré dans des festivals en France et à l'étranger.
"Ta vie ralentie" a remporté en 2005 le prix du jury
au Festival Court'Met de Pau. Son approche, relevant à la fois
du documentaire et de l'expérimentation, s'articule autour d'une
certaine appréhension des lieux. Elle s'attache au paysage comme
aux détails ou aux figures qui le traversent.

Ta vie ralentie de France Dubois
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