Du 6 Août, 2010 au 19 Septembre, 2010
Vernissage 6 Août, 2010
A l'occasion de cette exposition, Mireille Loup présente sa nouvelle série de photographies, intitulée "Les Autres".
Mireille Loup montre ce temps suspendu qu’est l’adolescence. Trois personnages aux regards hypnotisés, corps en suspens, visages flous où l’œil du spectateur ne peut se fixer, semblent attendre leur heure entre le bain et le sofa.
Une jeune fille monte les marches d’une tourelle, des filets bleuâtres s’échappent des pierres et lui indiquent un chemin à suivre. On peut supposer qu’elle se piquera le doigt à la pointe d’un fuseau. Comme l’a si bien développé Bruno Bettelheim dans son livre « Psychanalyse des contes de fées», Mireille Loup fait état de cette somnolence, de cette transparence en attente d’un devenir, où le regard des autres permet le lien manifeste avec l’existence.
Des jeux d’aura, des fumées blanches accompagnent les personnages et relient à ces lieux déjà hors du temps un aspect surnaturel. Car dans le terme "les autres" se cache les notions d’étranger, de bizarre et l’on se souviendra du scénario du même titre de Alejandro Amenábar. La présence fantomatique est renforcée dans cette série photographique par la lumière indirecte et les tonalités laiteuses. Mireille Loup va jusqu’au contre jour le plus extrême que sa pratique photographique lui permet de maîtriser à la perfection. On repensera alors aux images blanches de sa série précédente Mem, où l’artiste a posé un voile devant l’objectif de son appareil.
Aux autres sont associés trois paysages aux tonalités d’un rouge très fictionnel. L’un présente l’espace d’une pièce où les jeux de lignes emprisonnent et attirent au-dehors tout à la fois. Les deux autres paysages, pris à l’intérieur de temples chinois, sans trace de vie humaine apparente, sont remplis des fumées des encens. Ils soulignent cette exploration sensible du cycle de la vie que réalise ici Mireille Loup, surtout lorsque l’on comprend qu’en Chine le rouge est le symbole de la vie et de la mort comme renaissance.